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Hommage à César Vallejo, 1956

April 30th - June 10th 2022

After dedicating a museum-level solo show to Alicia Penalba (1913-1982) in the fall of 2021, the A&R Fleury gallery is pleased to continue the efforts of promoting this Argentinean-born artist by featuring one of the most emblematic works of her career, Hommage à César Vallejo. 

The sculpture Homage to César Vallejo (1956) belongs to her first period called “totemic”, which saw her flourish as one of the key figures of post-war abstract sculpture. 

On display in the gardens of the Maison de l’Amérique latine, Hommage à César Vallejo best demonstrates Penalba’s precocious talent and her aptitude for expressing herself in a large dimension while staying connected with the architecture and its space. It is one of the most monumental works of her.

Almost 3 meters high, this piece is Penalba’s first monumental sculpture and her only work dedicated to a person. For Penalba, it is an opportunity to express her admiration for Vallejo, one of the greatest Latin American poets of the 20th century. Vallejo remained, like Penalba, deeply attached to the wild landscapes and civilisations of South America.

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Alicia Penalba (1913-1982)

Hommage à César Vallejo, 1955/56

Bronze
Signed and numbered Penalba 1/4 
Foundry Susse Frères, July 1959
266 x 58 x 38 cm | 104 3/4 x 22 7/8 x 15 in.

Provenance
Galerie Claude Bernard, Paris
Private collection, Switzerland

Alicia Penalba, female sculptor

 

Born in Argentina in 1913, Alicia Penalba arrived in Paris in 1948 and quickly formed her personal universe. As her works evolve, she gradually broke up the forms in the quest for effects of space and monumentality.

During the 1950s, a period reluctant to give female artists the recognition that they deserved, Penalba quickly became one of the rare female sculptors to achieve international fame, alongside Barbara Hepworth and Germaine Richier.

Considered to be one of the major figures of post-war abstract sculpture, Penalba took part in numerous group and solo exhibitions, in France and abroad.

“Her life was a novel of energy, as Balzac liked to conceive it.”

Patrick Waldberg, art critic and first biographer of Alicia Penalba, 1962

Hommage à César Vallejo presents vertical, rigid rhythms deployed around a central axis. The superimposed volumes, like so many ramifications of the rough model, stretch up to the sky in a dynamic movement.

These organic shapes, closed in on themselves, seem to contain enigmatic cavities and an inner life. The sculpture is thus animated by a strong metaphysical and erotic dimension, inviting the spectator to draw closer to discover a hidden world.

Michel Ragon, one of the first critics to have acclaimed the originality of Penalba’s work, described it as follows: “the shapes of her abstract compositions had the momentum of totems and the aggressivity of large cacti.” Hommage à César Vallejo is one of the most iconic examples.

L’élan vertical, la rugosité de la matière et le resserrement des formes sont autant d’aspects évocateurs des totems, éléments récurrents des cultures latino-américaines. Cette proximité répond à un « besoin de spiritualiser les symboles de l’érotisme, source de toute création, état le plus pur et le plus sacré de la vie de l’homme. »

Par cette démarche, Penalba se rapproche des pratiques dites primitivistes qui ont ouvertes de nombreuses recherches formelles au XXe siècle. Leur fascination pour des formes considérées comme originelles, issues de cultures lointaines, est à l’origine du profond renouvellement plastique, particulièrement en sculpture.

Penalba découvre les grands maîtres de cette avant-garde à son arrivée à Paris à la fin des années 1940. Brancusi d’abord, que Penalba rencontre à de nombreuses reprises à son atelier. Les formes minimales et pures érigées vers le ciel d’œuvres comme « Le coq » (1935) ou « La colonne sans fin » (1938) sont une influence fondamentale pour son évolution vers l’abstraction. Penalba découvre également l’œuvre d’Alberto Giacometti, passionné par l’art non-occidental; et Hans Arp, qui entretient aussi un rapport étroit au « primitif » et explore des voies organiques.

Véritable synthèses des formes de son premier langage abstrait, Hommage à César Vallejo est certainement l’exemple le plus magistrale de ses débuts et de cette influence. Durant ces années qui voient éclore son talent et son originalité, Penalba engage un dialogue à la fois avec les voies plastiques empruntées par l’art moderne et les sources profondes de son identité sud-américaine.

“Intelligente et passionnée, Penalba est sans conteste une des plus brillantes figures de la sculpture actuelle à Paris.”

Michel Seuphor

César Vallejo, l’un des plus grands poètes sud-américains du XXe siècle

 

La poésie de César Vallejo, incandescente et mélancolique, le font considérer comme l’un des poètes sud-américains les plus novateurs du XXe siècle, aux côtés de Pablo Neruda, Octavio Paz ou Vicente Huidobro. Sa vie courte et intense a été toute entière consacrée à une quête existentielle et une espérance humaniste.

Né en 1892 au Pérou, Vallejo arrive à Paris en 1923 et se lie progressivement d’amitié avec plusieurs artistes de Montparnasse : le poète chilien Vicente Huidobro, Robert Desnos, Tristan Tzara et Antonin Artaud notamment.

À Paris, il mène une vie de poète et publie des articles dans plusieurs revues. Il fait paraître plusieurs recueils dont les plus célèbres sont « Les poèmes humains » et « Espagne, écarte de moi ce calice ». Il écrit également un roman, « Tungstene » en 1930, des pièces de théâtre comme « Lock-out » et un conte pour enfants « Paco Yunque ». De santé fragile, Vallejo décède à Paris en 1938.

“Dans l’âme de celui qui a grandi dans les Andes, ou qui y vit, persistera toujours l’impression qu’il est comme une blessure dans le paysage abrupt fait de hauts plateaux où végète difficilement une herbe jaunâtre et de massifs rocheux et arides. Les habitants de ce vaste drame géologique, presque tous indiens ou métis d’Indiens et d’Espagnols, sont silencieux et durs, à l’image même des Andes.
Flagellés par les inclémences de la nature et les inclémences sociales, ils vivent dans une souffrance qui remonte à des siècles et semble se confondre avec l’éternité.”

Ciro Alegría, écrivain péruvien, dans « Le César Vallejo que j’ai connu »

Un tour du monde d’expositions

 

Le parcours d’expositions de cette sculpture témoigne de son importance.

Elle fait d’abord partie des oeuvres présentées lors de la première exposition personnelle de Penalba à la galerie du Dragon en 1957. Elle est présentée en 1959 à la Documenta 2 de Kassel puis, en 1960, à la galerie Claude Bernard lors de l’exposition « Penalba » qui lui ouvre la voie du succès.

Suivent d’autres expositions qui sont parmi les plus importantes de son parcours : « Penalba » à la galerie Otto Gerson de New York en 1962, la VIe Biennale de Sao Paulo en 1961, où Penalba obtient le grand prix de sculpture, le « Festival dei due mondi » à Spolete en 1962 et « L’Art latino-américain à Paris », au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris la même année.

Plus récemment, l’exemplaire appartenant aux collections du Centre Pompidou (n°3/4) a été exposé lors de « Femmes années 50. Au fil de l’abstraction, peinture et sculpture », au Musée Soulages à Rodez, en 2019-2020, et «Elles font l’abstraction» au Centre Pompidou à Paris, en 2021.

À voir à la Maison de l’Amérique latine, Paris

 

A&R Fleury est heureux de partager cette visite en ligne avec vous.

Hommage à César Vallejo est visible dans le grand parc de la Maison de l’Amérique latine, sur rendez-vous, au 217 bd Saint-Germain, Paris 7.

La Maison de l’Amérique latine est un lieu privilégié d’accueil, de réunions et d’expositions de la communauté culturelle et diplomatique latino-américaine à Paris. Elle  se veut un carrefour de cultures, un lieu de rencontres et d’échanges, où se côtoient toutes les formes d’expression artistique.

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