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BERNAR VENET AU LOUVRE-LENS

L’Hypothèse de la gravité est une exposition monographique de l’artiste contemporain Bernar Venet. Une oeuvre monumentale envahit les 1000m² du lumineux Pavillon de verre et reconfigure le paysage intérieur et extérieur du musée.

Le Pavillon de verre est investi d’une centaine de poutres d’acier corten en forme d’Arcs, de Lignes droites, et d’Angles. Entassés, accumulés, emmêlés à même le sol, les éléments sculpturaux et linéaires, aussi monumentaux que graphiques, se sont effondrés sur eux-mêmes.
Bernar Venet pose ici l’hypothèse de la gravité comme proposition formelle. La matière n’est plus régie que par les forces de la nature : les motifs industriels sont agencés de manière désordonnée au point de rappeler l’organisation spontanée du végétal. La sculpture libère une énergie et une féroce beauté. Il offre ainsi aux visiteurs une expérience physique et artistique de l’espace, de la poésie, de l’imprévisible.
L’artiste poursuit ses explorations sur la matière, ses capacités de résistance, sa réaction à la gravité ainsi que la question de l’entropie centrale dans son oeuvre. La pratique de l’entassement, de l’effondrement, ainsi que le recours à des combinaisons aléatoires comme mode de création, sont essentiels de l’oeuvre de Bernar Venet.

Au Louvre-Lens, L’Hypothèse de la gravité marque une nouvelle étape du travail de l’artiste : l’installation est ici connectée spatialement, visuellement et conceptuellement à la Galerie du temps, 3000m2 où se déploie 5000 ans d’histoire de l’art d’un seul regard, sans cloisons. Elle entre en écho avec une idole cycladique, un Couros en marbre provenant du sanctuaire d’Asclépios, une petite Victoire ailée modelée en terre cuite au début du 2e siècle avant J.C., le célèbre Hermaphrodite endormi de la collection Pamphili, une statuette de vieil homme aztèque taillée dans une pierre volcanique, des pleurants du début du 15e siècle français, ou encore cette élancée Diane chasseresse de bronze, et les 200 objets exposés. Une histoire de la sculpture se lève, bouleversée de cet agencement magistral, aléatoire, que propose Bernar Venet. Il interroge le geste même du sculpteur, qui vise à générer un nouvel espace par l’association de plein et de vide, qu’il ajoute de la matière ou qu’il en retire, qu’il modèle, qu’il accumule ou qu’il taille.


Bernar Venet, Louvre-Lens. Photo par Frédéric Lovino

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