Alicia Penalba (1913-1982)
Formes volantes, Relief ou Grand Relief pour Saint-Gobain, 1960
Fibre de verre et polyester doré à la feuille et patiné
Dimensions et positions variées
Installation unique référencée par l’Estate Alicia Penalba
L’œuvre sera une des pièces maîtresses lors de la rétrospective itinérante Alicia Penalba en 1964-1965 aux Kröller-Müller Museum à Otterlo, Stedelijk van Abbemuseum à Eindhoven et Städtisches Museum à Leverkusen.
Formes volantes se compose d’éléments en fibre de verre et polyester doré à la feuille. L’ensemble forme une composition murale où les formes semblent flotter. Les formes sont abstraites, organiques et évoquent à la fois des fragments naturels (coquillages, roches, pétales…) et des entités dynamiques en mouvement. Leur disposition crée un effet de suspension et d’envol. L’un des aspects fondamentaux de cette œuvre réside dans la notion de “formes détachées”. Contrairement à la sculpture traditionnelle, compacte et ancrée, Penalba fragmente la masse pour libérer les éléments dans l’espace. Comme le souligne Robert Lebel, Penalba est une “organisatrice inégalable de l’espace”
Le titre Formes volantes éclaire directement l’intention de l’artiste. Il ne s’agit pas simplement d’un effet visuel, mais d’une véritable recherche autour de l’idée d’élévation et de détachement. Les formes semblent échapper à la pesanteur, flotter dans l’espace, comme libérées de toute contrainte matérielle. A travers cette œuvre, l’artiste développe une véritable poésie sur l’envol, fondée sur le mouvement, la légèreté et la tension vers le haut.
Si Penalba n’a pas formulé explicitement cette démarche, il est néanmoins possible d’y voir une lecture contemporaine de ces œuvres comme une métaphore de l’émancipation. Les formes qui se détachent, s’élèvent et occupent librement l’espace peut être interprété comme une rupture avec les contraintes, qu’elles soient matérielles, sociales ou symboliques. Les Formes volantes pourraient ainsi incarner une dynamique d’affranchissement. Cette lecture reste ouvert, mais elle enrichit la compréhension de l’œuvre en soulignant combien chez l’artiste la question formelle rejoint une dimension profondément symbolique.
Alicia Penalba (1913-1982)
Formes volantes, Relief ou Grand Relief pour Saint-Gobain, 1960
Fibre de verre et polyester doré à la feuille et patiné
Dimensions et positions variées
Installation unique référencée par l’Estate Alicia Penalba
Formes volantes pour le stand de Saint-Gobain à l'Expomat du CNIT, 1960. ©Galerie A&R Fleury
Formes volantes dans l'atelier d'Alicia Penalba, rue du Roi-de-Sicile. ©Galerie A&R Fleury
Alicia Penalba
Formes volantes sur la paroi extérieure du Kröller-Müller Museum, Otterlo, 1964.
Vue de l'exposition « Alicia Penalba » au Musée d'art moderne de la Ville de Paris, mars-mai 1977. ©Galerie A&R Fleury
Née en Argentine, Alicia Rosario Pérez Penalba (1913-1982) est l’une des rares femmes sculptrices des années 1950 à avoir obtenu une reconnaissance internationale, et ce de son vivant. Elle est aujourd’hui considérée comme l’une des plus grandes figures de la sculpture d’après-guerre. Profondément marquée par le souvenir des paysages sauvages de son enfance, Penalba porte son œuvre tout à la fois vers l’éclatement des formes, la conquête des espaces et la monumentalité.
Portrait d'Alicia Penalba © Alicia Penalba. Droits de reproduction